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Art & culture : Musique : La playlist des festivals

Posté par imad le 20/4/2008 12:52:09 (146 lectures)

La saison des festivals est ouverte et, avec elle, celle de la chasse aux stars. Chaque manifestation musicale met un point d’honneur à exhiber ses têtes d'affiche, histoire d’attirer le mélomane. Qui s’en plaindrait ?

Mawazine [Du 16 au 24 mai]
Allo Houston, ici Rabat

“Cette année, nous avons le plus gros budget depuis la création de Mawazine”, martèle Aziz Daki, directeur artistique du festival rbati, qui débute le 16 mai prochain. Et comment fait-on pour obtenir un telle manne ? “On a pu lever autant de fonds grâce à l’arrivée de Mounir Majidi (secrétaire particulier du roi) à la tête de l’organisation”, répond sans ambages un membre du staff de Mawazine. Des fonds qui ont permis au festival de voir grand pour l'édition 2008, en s'offrant une certaine Whitney Houston comme tête d’affiche. “Aucun autre festival marocain n’a, aujourd'hui, les reins assez solides pour programmer une star de cette envergue”, surenchérit notre source. Pourtant, la chanteuse de R n’ B, qui revient d'une longue traversée du désert, ressemble à une erreur de casting dans un festival aux sonorités latino-africaines. En réalité, en optant pour Whitney Houston, c’est un “produit d'appel” que recherchent les organisateurs de Mawazine. “On ne pouvait pas rater l’occasion de présenter une star de son gabarit, même si elle ne correspond pas forcément à notre thématique”, justifie Aziz Daki. Qu'importe : Ziggy Marley, George Benson, Dee Dee Bridgewater et Juanes seront là pour donner le change…


Musiques sacrées de Fès [Du 6 au 14 juin]
Tenue correcte exigée

La plus sélecte des manifestations musicales se déroulera sous l’ombrelle protectrice du 1200ème anniversaire de Fès. Pour marquer le coup, les organisateurs ont fait appel à la diva américaine Jessie Norman, au Sénégalais Ismaël Lô. La Libanaise Majda Roumi jouera, quant à elle, au joker de luxe. “Elle a été programmée à la place de Mohamed Abdou (Arabie Saoudite), trop cher pour notre bourse”, confie ce membre de l’organisation. “Une grande partie de notre budget est consacrée aux artistes de renom, qui demandent de gros cachets”. Pourtant, ledit budget n'est pas des plus maigres : 12 millions de dirhams, financés en partie par les spectateurs. Car le “pass”, qui permet d’assister à l'ensemble des spectacles, ne coûte pas moins de 3300 DH. C'est certain, le festival fassi, qui souffle ses 15 bougies, joue dans un registre particulier et ne risque pas de piétiner sur les plates-bandes des autres, plus populaires : “Vu la singularité du Festival de Fès, nous ne convoitons pas les mêmes vedettes que les autres festivals”.


Essaouira [Du 26 au 29 juin]
Esprit, es-tu là ?

“Beaucoup de festivals programment les artistes au succès populaire assuré. Plus rares sont ceux qui ont un réel esprit, comme ceux de Fès ou d’Essaouira”, affirme un membre de l’organisation du Festival gnawi. Il n’y aurait donc pas de chasse effrénée aux célébrités, même si quelques noms sont bien utiles quand on n’a pas d’audience à demeure, comme c'est le cas pour le Festival de Casablanca. “Programmer des stars est nécessaire pour convaincre le public de venir jusqu'à Essaouira”, concède un membre de l’équipe A3, organisatrice de l'événement. Mais pas de quoi vendre son âme au diable : “Nous restons fidèles à une tendance jazzy, avec l’Américain Wayne Shorter et le Libanais Ibrahim Maalouf (le neveu d’Amin), mais vous n’en saurez pas plus”. Des artistes moins mainstream qu’ailleurs, mais qui représentent un tiers du budget du festival en raison du nombre de spectacles programmés.


L’Boulevard [Du 19 au 22 juin]
Le chemin de la notoriété

Chaque année, on se pose la question. Et chaque année, on est soulagé : L’Boulevard est maintenu ! Mieux, pour fêter ses 10 ans, le tremplin de la nouvelle scène marocaine mettra les petits plats dans les grands, avec une brochette de noms. “On aura des pointures comme IAM, Louis Bertignac et Akram Sedkaoui du Band of Gnaoua, révèle tout fier Hicham Bahou, co-organisateur du festival. Mais ce sont nos stars qu’on veut réellement mettre en avant”. Notamment les H-Kayne, Darga ou Hoba Hoba Spirit, qui ont fait leurs premières armes à L’Boulevard avant de faire le bonheur des autres festivals. “Je pense que nous sommes l’antichambre expérimentale des autres festivals”, poursuit Hicham Bahou, qui n’est pas mécontent de voir naître de nouveaux “découvreurs de talents”, comme Génération Mawazine. Le raout casaoui garde cependant une longueur d’avance : cette année, il est ainsi question d’inviter des producteurs étrangers, “pour qu’ils viennent faire leur marché sur place”.


Timitar [Du 1er au 6 juillet]
Pot-pourri musical

“Cette année, nous proposerons une sorte de best of”, affirme Brahim Mazned, directeur artistique du festival d’Agadir. D’où une impression de déjà vu pour cette cinquième fournée de Timitar. Alpha Blondy et Idir seront de retour à Agadir. Après un passage à Fès, Youssou N’Dour répondra aussi présent au rendez-vous amazigh. Une programmation recyclée ? “Pas du tout, se défend El Mazned, le programme est surtout lié à l’actualité musicale, puisque les principales têtes d’affiche ont toutes sorti un nouvel album cette année”. En réalité, Timitar avait surtout besoin de vedettes durant ses premières années, histoire d'attirer le projecteur médiatique. “En 2006, il était question que Jimmy Cliff, qui avait signé un accord avec nous, se produise aussi au festival d'Essaouira, se souvient ce membre de l’organisation. Nous avons émis notre veto : autrement, son concert à Agadir aurait eu moins d’impact auprès des médias”.


Casa Musique [Du 17 au 20 juillet]
Secret défense

La loi du silence plane sur la 2ème édition de Casa musique, héritier du défunt Festival de Casablanca. Les dates ne sont pas encore annoncées et encore moins la programmation. Les raisons de l'omerta ? “Les organisateurs ne veulent pas s’engager, alors que les contrats ne sont pas encore signés. En puis, ils misent beaucoup sur l’effet de surprise pour faire parler d’eux”, explique une source proche du staff. Mais des fuites, il y en a toujours. Ainsi, Method Man, rappeur du collectif américain du Wu Tang-Clan, et Seun Kuti, le représentant de l’afro-beat nigérian (et fils de qui vous savez) seront à Casablanca. “Les artistes programmés doivent avoir une assise populaire, mais il n’y a pas de thématique spécifique. Nous proposons un éventail large car le public casablancais est plutôt hétéroclite”, explique Hicham Abkari, directeur artistique du Festival. Candidat avoué à la course pour les célébrités, Abkari estime cependant qu'il n'y a pas de rivalité entre les différentes manifestations musicales : “On aurait du mal à programmer des têtes d’affiche comme Joey Starr au Festival des musiques sacrées de Fès”. Ouais, faut voir.

Majdoulein El Atouabi - Telquel Online

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